Diverticulite : poches inflammées et approches de traitement

Diverticulite : poches inflammées et approches de traitement

La diverticulite, c’est quand de petites poches dans votre côlon s’inflamment ou s’infectent. Ces poches, appelées diverticules, sont présentes chez beaucoup de gens sans causer de problème - on parle alors de diverticulose. Mais quand elles deviennent enflammées, la douleur peut être soudaine, intense, et vous clouer au lit. Si vous avez déjà eu une crise, vous savez à quel point elle peut être dévastatrice. Et si vous venez juste d’être diagnostiqué, vous vous demandez probablement : diverticulite, c’est quoi exactement ? Comment ça se traite ? Et surtout, comment éviter qu’elle revienne ?

Comment ça commence ?

Les diverticules, c’est comme des bulles qui poussent à travers les parois faibles du côlon. Elles mesurent entre 5 et 10 millimètres, et 95 % d’entre elles se forment dans la partie basse du côlon, appelée sigmoïde. C’est pour ça que la douleur se situe souvent en bas à gauche du ventre. Chez les Asiatiques, c’est plus souvent à droite - une différence liée à la structure de leur côlon.

Ce qui déclenche l’inflammation, c’est souvent un blocage. Un morceau de selles, une graine, ou même une fibre trop rigide peut se coincer dans une poche. Bactéries et gaz s’accumulent. La pression monte. La paroi s’irrite. Et là, c’est l’infection qui démarre. Ce n’est pas un problème de « mauvaise hygiène » - c’est un problème mécanique, lié à la pression interne du côlon.

Les facteurs qui augmentent le risque ? L’obésité (un IMC supérieur à 30 multiplie le risque par 2,1), le tabagisme (les fumeurs ont 2,7 fois plus de chances d’avoir une crise), et un mode de vie sédentaire (moins de deux heures d’activité par semaine, c’est un risque 38 % plus élevé). Et contrairement à ce qu’on a longtemps dit, les noix, les graines et les popcorns ne causent pas de diverticulite. Une étude sur 47 000 femmes pendant 18 ans a prouvé qu’ils n’augmentaient pas le risque. Vous pouvez les manger sans crainte.

Comment savoir si c’est bien de la diverticulite ?

Les symptômes sont clairs, mais souvent confondus. Douleur abdominale persistante, surtout en bas à gauche. Fièvre supérieure à 38 °C. Nausées. Ballonnements. Parfois, une variation des selles - constipation ou diarrhée. Ce n’est pas comme le syndrome de l’intestin irritable (SII), où la douleur est plus diffuse, crampée, et varie selon les repas. La diverticulite, elle, est localisée, brutale, et souvent accompagnée de fièvre.

Pour confirmer, les médecins utilisent une tomodensitométrie (CT scan). C’est l’outil de référence. Il montre les poches enflammées, les abcès, ou même une perforation. Environ 25 % des cas sont mal diagnostiqués au départ - confondus avec une cystite, un calcul rénal, ou même une grossesse extra-utérine chez les femmes. Le délai moyen pour un bon diagnostic est de 3,2 jours. Beaucoup voient deux ou trois médecins avant d’avoir la bonne réponse.

La gravité est classée selon le système de Hinchey :

  • Stade Ia : inflammation locale, pas d’abcès
  • Stade Ib : petit abcès (moins de 3 cm)
  • Stade II : abcès plus gros (3 à 5 cm)
  • Stade III : péritonite purulente (infection généralisée)
  • Stade IV : péritonite fécale (perforation avec fuite de matières fécales)
Le stade détermine le traitement. Plus c’est grave, plus il faut agir vite.

Le traitement : pas de one-size-fits-all

Il y a dix ans, on prescrivait des antibiotiques à tout le monde. Aujourd’hui, c’est fini. La médecine a changé. Pour les cas légers (Hinchey Ia), les nouvelles recommandations de l’AGA et de l’ASCRS disent clairement : pas besoin d’antibiotiques.

Un essai clinique majeur, le DIVERT, a montré que les patients traités sans antibiotiques se rétablissaient aussi vite que ceux qui en prenaient - 7 jours en moyenne pour les deux groupes. Le repos du côlon, une bonne hydratation, et un régime liquide clair pendant 48 à 72 heures suffisent souvent. La douleur se gère avec du paracétamol. On évite les AINS comme l’ibuprofène : ils augmentent le risque de perforation.

Mais si vous avez une fièvre à 38,5 °C ou un taux de globules blancs très élevé, les antibiotiques sont encore nécessaires. On utilise souvent l’amoxicilline-acide clavulanique, pris par voie orale. En cas d’hospitalisation (pour les stades Ib à II), on passe aux antibiotiques par perfusion, comme la pipéracilline-tazobactame. Le traitement dure 48 à 72 heures, puis on passe à l’oral.

Pour les cas graves (stades III et IV), c’est une urgence chirurgicale. Une laparoscopie peut être faite pour nettoyer l’abdomen. Une étude de 2022 (SCANDIV) montre que la lavage laparoscopique réussit dans 82 % des cas de perforation contenus, contre 67 % pour une résection immédiate. Ce n’est pas une décision facile - mais parfois, c’est la seule façon d’éviter la mort.

Médecin réconfortant un patient, avec un scanner holographique montrant une diverticulite en cours.

Après la crise : ce qu’il faut faire pour ne pas retomber

Une fois que la crise est passée, la prévention devient la priorité. Et ça commence par le régime alimentaire.

On vous a peut-être dit de manger « léger » après une crise. C’est vrai - mais seulement pendant quelques jours. Ensuite, il faut augmenter progressivement la fibre. 25 à 30 grammes par jour, c’est le minimum. 35 grammes, c’est encore mieux. Les études montrent que ceux qui atteignent ce niveau réduisent leur risque de récidive de 50 %.

Les bonnes sources ? Légumes, fruits, céréales complètes, lentilles, haricots, avoine, et graines de lin. Pas besoin de suppléments. Un bol d’avoine au petit-déjeuner, une salade de lentilles au déjeuner, une pomme avec la peau en collation - c’est suffisant. Et surtout, buvez beaucoup d’eau. Sans eau, la fibre ne fait rien.

Après une crise, on recommande une coloscopie entre 6 et 8 semaines après. Pourquoi ? Parce que les symptômes de la diverticulite peuvent ressembler à ceux du cancer du côlon. Une étude publiée dans le JAMA en 2021 a trouvé un cancer chez 1,3 % des patients de plus de 50 ans après une diverticulite. Mieux vaut vérifier.

Les nouvelles pistes : ce qui change aujourd’hui

La médecine ne s’arrête pas là. Des traitements innovants émergent. Le mesalazine (Pentasa®), un anti-inflammatoire utilisé pour la maladie de Crohn, vient d’être approuvé par la FDA en 2023 pour prévenir les récidives. Dans un essai récent, il a réduit les récidives de 31 % en un an.

Les algorithmes d’intelligence artificielle sont aussi en train de changer la donne. À la Mayo Clinic, un programme analyse les scanners, les résultats de sang, et les antécédents du patient pour prédire le risque de récidive avec 83 % de précision. C’est une révolution : on ne traite plus au hasard. On cible ceux qui ont vraiment besoin d’une intervention préventive.

Et puis, il y a la recherche sur le microbiote. Les patients qui ont eu plusieurs crises ont 37 % moins de Faecalibacterium prausnitzii, une bactérie bénéfique qui calme l’inflammation. Des essais sont en cours pour restaurer cette flore par des probiotiques spécifiques ou des fèces de donneurs sains.

Homme en bonne santé mangeant des fibres, son côlon représenté comme un flux lumineux de flore bénéfique.

Quand faut-il penser à la chirurgie ?

On ne supprime plus le côlon à la première crise. Mais si vous avez eu deux crises avec hospitalisation, il faut en parler sérieusement avec votre médecin. Une étude récente montre que 40 % des patients ont des limitations importantes dans leur vie quotidienne entre deux crises. La qualité de vie pèse plus lourd que la peur de la chirurgie.

La chirurgie, c’est l’ablation de la partie malade du côlon - généralement le sigmoïde. Elle peut être faite en laparoscopie, avec une récupération plus rapide. Les patients qui l’ont faite rapportent souvent : « Je n’ai plus peur de manger, de voyager, de faire du sport. »

Le coût de la maladie

La diverticulite coûte 2,3 milliards de dollars par an aux États-Unis. 200 000 hospitalisations chaque année. Et ce chiffre augmente. Les jeunes de 18 à 44 ans représentent maintenant 22 % des cas - contre 14 % en 2000. Ce n’est plus une maladie des personnes âgées. Elle touche aussi les actifs, les parents, les étudiants. Et elle les épuise.

La bonne nouvelle ? Elle est gérable. Pas toujours facile. Mais gérable. Avec un bon diagnostic, un traitement adapté, et un mode de vie sain, vous pouvez vivre sans crise pendant des années.

La diverticulite peut-elle disparaître sans traitement ?

Oui, dans les cas légers (Hinchey Ia), la diverticulite peut se résoudre spontanément avec du repos, une bonne hydratation et un régime liquide clair pendant 48 à 72 heures. Les antibiotiques ne sont plus systématiques pour ces formes. Mais cela ne signifie pas qu’on peut ignorer les symptômes. Une crise non surveillée peut évoluer vers une infection plus grave.

Faut-il éviter les graines et les noix ?

Non. Cette recommandation ancienne a été complètement réfutée. Une étude sur 47 000 femmes pendant 18 ans a montré que la consommation de noix, de graines et de popcorn n’augmente pas le risque de diverticulite. Au contraire, ces aliments sont riches en fibres et peuvent aider à prévenir les récidives. Vous pouvez les manger sans crainte.

Pourquoi le paracétamol est-il préféré aux anti-inflammatoires ?

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’ibuprofène ou le naproxène augmentent le risque de perforation du côlon en affaiblissant la paroi inflammée. Le paracétamol, lui, soulage la douleur sans affecter la muqueuse intestinale. C’est la seule option sûre pour gérer la douleur en phase aiguë.

Quand faut-il faire une coloscopie après une diverticulite ?

Entre 6 et 8 semaines après la crise, une fois l’inflammation calmée. Cela permet d’éliminer un cancer du côlon, qui peut présenter des symptômes similaires. Même si le risque est faible (1,3 %), il est réel, surtout après 50 ans. La coloscopie est un outil de prévention, pas une punition.

La diverticulite peut-elle revenir ?

Oui, entre 15 % et 30 % des patients ont une récidive dans les cinq ans. Mais ce risque peut être réduit de moitié avec un apport en fibres suffisant (35 g/jour), une hydratation adéquate, et un mode de vie actif. Certains patients prennent aussi du mesalazine pour prévenir les rechutes - un traitement qui a prouvé son efficacité dans des essais récents.

12 Commentaires
  • Sophie Burkhardt
    Sophie Burkhardt

    Je viens de finir une crise de diverticulite il y a 3 semaines, et je peux dire que le régime riche en fibres m’a sauvé la vie. J’ai commencé avec une cuillère de graines de lin le matin, une pomme avec la peau, et un bol d’avoine. Au bout de 10 jours, je pouvais marcher sans grimacer. La clé ? Pas de précipitation. On augmente doucement, et on boit comme un chameau. Merci pour cet article, c’est le seul qui a parlé vrai ! 🙌

  • Nicole Gamberale
    Nicole Gamberale

    Ok mais franchement, pourquoi on continue de croire aux fibres ? C’est comme les vitamines C contre le rhume… du vent ! Moi j’ai eu 3 crises, j’ai mangé des noix, des popcorn, des légumes crus, et j’ai toujours eu des récidives. La vraie cause, c’est le stress et les pesticides dans les aliments bio. 😤

  • Guillaume Geneste
    Guillaume Geneste

    Je suis infirmier en coloproctologie depuis 15 ans, et je peux vous dire que la nouvelle approche sans antibiotiques pour les cas légers est une révolution. J’ai vu des patients revenir en urgence parce qu’ils avaient pris de l’ibuprofène… C’est comme mettre un feu sur une plaie ouverte. Le paracétamol, c’est le seul ami. Et la coloscopie ? Oui, absolument. J’ai vu un cancer du côlon chez un gars de 52 ans qu’on avait pris pour une diverticulite… Il est en rémission maintenant. La prévention, c’est la vraie médecine. 💉

  • Patrice Lauzeral
    Patrice Lauzeral

    Je ne comprends pas pourquoi tout le monde parle de fibres comme si c’était une solution magique. Moi, j’ai tout essayé. J’ai mangé des haricots, des lentilles, des céréales… Rien n’a changé. J’ai fini par me faire opérer. Maintenant, je vis comme un roi. La chirurgie, c’est pas une défaite. C’est une libération.

  • Alexis Butler
    Alexis Butler

    Vous parlez tous de fibres, mais personne ne mentionne l’effet de l’acidité du microbiote. La littérature récente (Lancet Gastroenterology, 2023) montre que la diversité bactérienne est un facteur clé, pas la quantité de fibres. Les études sur les 47 000 femmes ? Obsolete. Elles n’ont pas mesuré l’indice de diversité Shannon. Et le mesalazine ? Il est efficace, mais seulement chez les porteurs du SNP rs1131492 dans le gène IL10. Sinon, inutile. Vous êtes tous des amateurs.

  • Clementine McCrowey
    Clementine McCrowey

    Je sais que ça fait peur, mais tu peux y arriver. Une journée à la fois. Un peu de fibre. Un peu d’eau. Un peu de repos. Tu n’es pas seul. J’ai vu des gens revenir de bien pire. Tu vas bien aller. 💪

  • Jérémy allard
    Jérémy allard

    Et les Français qui mangent des baguettes et du fromage, ils ont moins de diverticulite ? Non. Parce que la médecine anglo-saxonne veut nous imposer ses protocoles. Ici, on a toujours guéri avec du bouillon de poule et du repos. On n’a pas besoin de scanners et de médicaments de luxe. On est pas des cobayes.

  • Franc Werner
    Franc Werner

    Je viens de Dakar, mais j’habite à Lyon depuis 10 ans. Ici, tout le monde parle de diverticulite comme si c’était une maladie moderne. Chez nous, on a des diverticules depuis toujours, mais on ne les traite pas. On mange du mil, du riz, du poisson séché, et on marche. La vie est plus simple. Peut-être que la solution, c’est pas plus de fibres… mais moins de stress, moins d’emballages, moins de tout.

  • Danielle Case
    Danielle Case

    Je suis médecin, et je dois dire que je trouve cette approche libertaire, voire irresponsable. Ne pas prescrire d’antibiotiques dans les cas légers ? C’est une erreur. Les patients ne comprennent pas la gravité. Ils arrêtent le traitement trop tôt. Et puis, les scanners ? Coûteux. Inutile pour la plupart. Je préfère un traitement empirique. La médecine moderne est devenue une religion. Et vous, vous êtes ses prêtres.

  • Jean-Thibaut Spaniol
    Jean-Thibaut Spaniol

    Je suis en train de rédiger un mémoire sur la dichotomie entre la médecine conventionnelle et les approches holistiques en gastro-entérologie. La diverticulite est un excellent cas d’étude. La notion de « récidive » est une construction médicale, façonnée par l’industrie pharmaceutique pour maintenir un marché. Les fibres ? Un placebo. Le mesalazine ? Un produit de rente. La vraie guérison passe par la méditation, le jeûne intermittent, et l’élimination des aliments ultratransformés. Je publierai mon article dans la Revue de Médecine Écologique. Vous verrez.

  • Oumou Niakate
    Oumou Niakate

    moi jai eu une crise en 2022 et jai manger des bananes et du riz et sa a marcher. pas besoin de scanner ni de medecine. juste repos et eau. et maintenant je mange des legumes comme avant. ca va bien. 🌱

  • Laurent REBOULLET
    Laurent REBOULLET

    Je suis content de voir que la communauté parle enfin de manière claire. J’ai eu deux crises, j’ai cru que j’allais mourir. Puis j’ai lu tout ce que j’ai pu. J’ai arrêté les sodas, j’ai commencé à marcher 30 min par jour, j’ai mis des graines de lin dans mes yaourts. Et je n’ai plus eu de problème depuis 2 ans. C’est pas magique, c’est juste logique. Merci à tous ceux qui partagent. On est pas seuls. 🤝

Laisser un commentaire

Les champs marqués d'un astérisque (*) sont obligatoires. Votre Email ne sera pas publiée*